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"Le développement durable : en enjeu stratégique pour les entreprises".
Compte rendu de la conférence du 4 juin 2003 organisée par le Club Qualité RHF.
Par Eric Boespflug
La conférence était animée par Raymond NYER. Ancien cadre d'IBM en préretraite.
RHF est un centre de formation affilié au groupe CRIT Intérim. Le "club qualité RHF" regroupe des professionnels de la qualité afin de faciliter les partages d'expérience, l'acquisition de nouveaux savoirs etc. Ce club organise des rencontres chaque trimestre sur un thème spécifique. Cocktail en fin de journée.
Points abordés :
1) Historique des grandes dates du Développement durable : de Stockholm (1972) à Johannesburg (2002).
2) La politique française de développement durable
3) La stratégie de DD dans les entreprises
1) Historique des grandes dates du DD
1972 : sommet de Stockholm. Sont présents : des ONG, des organisations internationales. Aucun chef d'Etat. Très peu de représentants officiels des membres de l'actuel G8.
- Pour la première fois, la thématique du DD est abordée dans une conférence internationale. A l'époque, les partisans du DD sont perçus comme des "doux illuminés".
- A cette occasion est crée l'UNEP (United Nations Environment Program). Structure directement affiliée à l'ONU. Le président de l'UNEP rend directement ses comptes à Koffi Annan. But de cette organisation : recenser les outils d'évaluation des dégradations environnementales (émission de CO2, couche d 'ozone etc). L'UNEP publie chaque année un bilan environnemental de la planète.
1992 : sommet de Rio. Premier "vrai" sommet international sur l'environnement. Le vocable DD n'est pas encore employé. On parle de "sommet de la terre". 110 chefs d'Etat. 178 pays représentés.
- Pour la première fois, un document de synthèse est ratifié par l'ensemble des membres à cette conférence. Il s'agit de l'Agenda 21. Ce document regroupe 27 principes auxquels les Etats devront se conformer au cours du 21ème siècle (environnement, Eau, Gestion des ressources naturelles etc.).
- Le sommet de la terre entame un mouvement de fond dans les Etats signataires. En France, les premières assises du DD (cette fois le terme est lancé), ont lieu en 1996. Au niveau Européen, il s'agit du FEDERE (Forum Européen pour le Développement et la Responsabilité des Entreprises). Au niveau de l'OCDE, il s'agit du "forum sur le DD".
1997 : conférence de Kyoto. Cette conférence connaît une large audience. Elle débouche sur un protocole d'accord de réduction du CO2. Ce protocole n'est pas encore ratifié. Au début, la Chine, la Russie et les USA refusent de le signer. Actuellement, le veto des USA empêche la mise en application du protocole. La Chine et la Russie ont signé.
- Ce protocole est contraignant. Il a pour but de réduire de 8% l'émission de gaz "à effet de serre" (principalement le CO2) d'ici 2008 par rapport à 1990. Objectif très ambitieux, qui nécessite le consentement de tous les Etats signataires car il aura de lourdes répercussions sur le tissu industriel des pays développés.
- Ce protocole fait encore l'objet de discussions. Sur les objectifs : certains pays le trouvent trop ambitieux. Sur la mise en œuvre : le débat oppose les partisans d'une application stricte du protocole à ceux du principe "pollueur-payeur".
- Selon le principe "pollueur-payeur" : les entreprises qui polluent moins que la norme pourraient revendre des "droits de pollution" à des entreprises qui dépassent leur quota de pollution. Ce principe s'appliquerait au sein des pays, et aux pays entre eux (c'est à dire entre pays développés et pays en développement). Ce débat est le principal sujet d'opposition entre les USA et l'Europe.
Durant les années 90, l'aide au développement est en baisse, tandis que les investissement directs à l'étranger augmentent.
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Aide au développement vers les "pays en développement" et les "pays les moins avancés" : |
Investissement direct vers les PED et les PMA : |
| 1992 |
58 Milliards Dollars |
30 Milliards Dollars |
| 2000 |
53 Milliards Dollars |
120 Milliards de Dollars |
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Cela pose la question de la nature des investissements...
- Si l'investissement direct se traduit par des prises de participation unilatérale des pays développés => la richesse crée n'"appartient" pas aux PED ni aux PMA.
- Si l'investissement direct se traduit par des prises de participations multilatérales entre pays développés, PED et PMA => la richesse crée "appartient" aux PED et aux PMA.
...et des rapports de force entre pays investisseurs et pays hôtes.
- La Chine dispose d'un marché énorme. Elle peut dicter des contraintes aux investisseurs étrangers. Elle le fait depuis 20 ans en obligeant les investisseurs à faire des joint venture avec des partenaires chinois.
- L'Afrique dispose d'un très faible marché intérieur. Les négociations entre pays développés et pays africains relève plus du marchandage d'homme d'Etat à homme d'affaire (Cf Elf Libéria, Elf congo) que d'une réelle politique d'investissement.
2002 : conférence de Johannesburg. Pour la première fois, on parle de DD à l'échelle internationale. Cette conférence réunit 193 chefs d'Etats (voir discours de Chirac très remarqué) et 20.000 délégués de l'ONU. Elle débouche sur une déclaration commune, la définition d'un plan d'action et la signature de partenariats entre les gouvernements et les Entreprises (voir le livret, également très remarqué, "21 patrons s'engagent en faveur du DD").
Les objectifs de cette conférence sont :
- L'eau
- L'énergie
- La santé
- L'agriculture
- La biodiversité et la gestion des écosystèmes.
Ces objectifs ne sont pas chiffrés, mais décrivent en détail les écueils à éviter au cours du siècle à venir.
2) La politique française de développement durable
Le DD connaît un regain de popularité, paraît-il. La France, après avoir longtemps été à la traîne, veut être la nation phare du DD. Pour cela, plusieurs actions sont engagées suite à la réunion "fondatrice" du 28/11/2002 (réunion interministérielle de DD) :
- La création du CNDD : Conseil National du Développement Durable.
- L'élaboration d'une "stratégie gouvernementale de DD". Consultable sur le site web du ministère de l'écologie et du DD.
- La création du CIDD : Conseil Interministériel du DD. Pour la première fois, on s'extasie devant le fait que le ministre de l'éducation nationale doive assister aux réunions organisées par le ministère de l'écologie et du DD.
- L' élaboration d'une charte de DD. Chirac a pour idée d'adosser cette charte à la constitution pour renforcer le caractère pionnier de la France en matière de DD.
Certaines grandes écoles proposent désormais à leur futurs diplômés de signer une charte de DD. La charte et les signataires sont parfois diffusés sur le net, comme c'est par exemple le cas de l'INSEAD.
3) La stratégie de DD dans les entreprises
Les entreprises ont-elles réellement la volonté d'intégrer le DD dans leur objectifs stratégiques ?
- Le DD nécessite une approche prospective qui s'accommode mal de la vision court terme. Or les impératifs économiques exigent d'avoir "le nez dans le guidon". Comment voir plus loin sans compromettre la rentabilité ?
- De plus en plus d'entreprises mettent en place des groupes de travail sur le DD. Ces groupes rendent compte directement au DG, à moins que le DG lui même fasse partie de ces groupes.
- De nouveaux métiers de DD voient le jour : "déontologue" etc. De plus en plus de consultants profitent du créneau.
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